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La veuve Clicquot, le Champagne a sa Grande Dame 🍾

· Portrait

« Son fauteuil était un trône et les dernières années de sa vie un règne ».

Véritable référence, la Maison Clicquot s’est hissée sur le toit de l’Europe du XIXème siècle grâce à sa dirigeante, première femme à la tête d’une maison de champagnes.

Son destin n’était pourtant pas écrit d’avance lorsque Barbe-Nicole Ponsardin (Mme Clicquot) voit le jour en 1777 et ce, malgré la position privilégiée de son père, Nicolas Ponsardin, négociants d’élite de la ville de Reims.

A part son mariage avec François Clicquot en 1798, fils de Philippe Clicquot, fondateur d’une maison de champagnes à son nom en 1772, l’enfance de Barbe-Nicole reste un mystère.

Depuis son élaboration par Dom Pérignon, la production du champagne connaît un véritable essor.

Au coude à coude avec les principales maisons de l’époque (Moët et Heidsieck), Clicquot se démarque notamment via l’internationalisation de sa distribution, démarche poursuivie un siècle plus tard par Mumm, Perrier-Jouët ou encore Bollinger. Transformée en véritable entreprise par François Clicquot, la mort brutale de celui-ci en 1805 bouleverse la vie de son épouse, Barbe-Nicole, placée face à un choix de vie qui fait sa popularité et nourrie encore aujourd’hui la force de son enseigne.

Allant à l’encontre de son beau-père, Philippe Clicquot, elle décide de prendre les rênes de la Maison Clicquot en se refusant une vie de rentière pour se positionner comme la première dame de cet univers du champagne. Une décision d’autant plus audacieuse que celle-ci était toujours restée en périphérie des affaires de son mari. Dans cette tempête, un homme : Louis Bohne, accompagnera pendant 20 ans la veuve Clicquot en représentant la maison en Russie notamment et en montrant un soutien sans faille.

Dans un contexte géopolitique difficile au début du XIXème siècle lié à la fermeture du marché russe, la Maison Clicquot voit sa distribution internationale dégringoler et pousse la veuve Clicquot à développer des expéditions clandestines, à diminuer ses coûts au maximum et à proposer des associations avec d’autres maisons, déterminée à tenir le cap dans cet environnement toxique. Traversant les épreuves et profitant de la paix de Tilsit (ouvrant de nouveau une partie du marché russe), c’est la création d’une nouvelle maison « Veuve Clicquot-Ponsardin » qui propulse les ventes de l’entreprise à 80.000 bouteilles en 1815.

A la même période, la légende de cette maison se dessine une nouvelle fois en Russie, alors que l’abdication de Napoléon Ier en 1814 donne une occasion inespérée de revenir en force à l’Est de l’Europe. Alors que Louis XVIII succède à Napoléon, deux cargaisons de 10.000 puis 13.000 bouteilles sont expédiées à Saint-Pétersbourg et les interdictions d’importations sont levées à ce moment-là. Deux jours suffisent à liquider l’intégralité du stock : la « Klikofsoe » en russe ou veuve Clicquot, s’installe ainsi sur le toit de l’Europe des maisons de champagne pour plus d’un siècle, expédiant plus de 250.000 bouteilles 10 ans après seulement.

Bousculant les mœurs, la veuve Clicquot laisse sur son lit de mort en 1866 (âgée de 89 ans) une maison respectée et enviée dans toute l’Europe. Véritable inspiration pour les générations futures, Jeanne Alexandrine Pommery prend le relai de ce nouveau souffle dans le monde du champagne, une autre veuve refusant la rentre pour embrasser la conquête.

Pierre Launay, co-fondateur de www.myorientation.co !💡🚀

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